The Black Cat (1843) | Le Chat noir | Edgar Allan Poe
Traduit de l'américain par Stéphane Chabrières

LE CHAT NOIR

de Edgar Allan Poe

1843

Au récit le plus fou et pourtant le plus banal que je m’apprête à écrire, je n’attends ni ne demande nulle créance. Je serais fou de m’y attendre, dans une affaire où mes sens eux-mêmes réfutent leur propre témoignage. Pourtant, je ne suis pas fou et je ne rêve sûrement pas. Mais si demain je meurs, aujourd’hui je voudrais libérer mon âme de ce fardeau. Mon premier objectif est de présenter au monde, simplement, succintement, et sans commentaires, une série de simples événements domestiques. Dans leurs conséquences, ces événements m’ont terrifié, torturé, détruit. Je n’essaierai pourtant pas de les expliquer. Pour moi, ils n’ont été qu’horribles, pour beaucoup ils sembleront plus baroques qu’effrayants. Après, peut-être, il se trouvera des esprits qui réduiront mon fantasme à des choses ordinaires - des esprits plus calmes, plus logiques, et beaucoup moins excitables que le mien, qui percevront, dans les circonstances que je détaille avec effroi, rien de plus qu’une succession ordinaire de causes et d’effets très naturels.

Depuis mon enfance, je me fis remarquer par ma docilité et l’humanité de mon caractère. La tendresse de mon coeur était même si manifeste qu’elle fut l’objet des railleries de mes camarades. J’étais particulièrement amoureux des animaux, et mes parents m’offrirent une grande variété d’animaux de compagnie. Je passais avec eux la plus grande partie de mn temps, et rien ne me procurait plus de bonheur que de les nourrir et de les caresser. Ce trait de mon caractère s’affirma avec l’âge, et dans ma vie d’homme, j’en tirai une de mes principales sources de plaisir. A ceux qui ont nourri une affection pour un chien fidèle et sagace, je n’ai nul besoin d’expliquer la nature ou l’intensité de la gratification que l’on peut en tirer. Il y a quelque chose dans l’amour désintéressé et auto-sacrificiel d’une bête, qui va directement au coeur de celui qui a eu fréquemment l’occasion de tester l’amitié mesquine et la fragile fidélité de l’Homme simple.

Je me mariai jeune, et fus heureux de trouver en ma femme un caractère qui n'était pas incompatible avec le mien. Remarquant mon penchant pour les animaux domestiques, elle ne manqua pas d’en acquérir certains des plus charmants. Nous eumes des oiseaux, des poissons rouges, des lapins, un petit singe, et un chat.

Ce dernier était un chat remarquablement grand et beau, tout noir, et intelligent au plus haut point. En parlant de son intelligence, ma femme, qui de coeur n’était pas peu supertitieuse, faisait souvent allusion à l’ancien dicton populaire, qui faisait de tous les chats noirs des sorciers déguisés. Elle ne prenait pas toujours cela au sértieux; je note ceci à la seule fin qu’on s’en souvienne.

Pluton, le chat s’appelait ainsi, était mon animal et mon compagnon de jeu préféré. Moi seul le nourissais, et il me suivait partout où j’allas dans la maison. C’est même avec difficulté que je l’empêchais de me suivre dans la rue.
Notre amitié dura, de cette façon, durant plusieurs années, durant lesquelles mon tempérament général et mon caractère, qui furent les instruments du Démon de l’intempérance, avaient subi, je rougis de l’avouer, une altération radicale pour le pire. Je devins de jour en jour d’humeur plus changeante, plus irritable, plus indifférent aux sentiments des autres. Je souffris moi-même d’user d’un langage grossier envers ma femme. A la longue, j’usai même envers elle de violence physique. Mes animaux, bien sûr, se rendirent compte bientôt du changement de mon caractère. Je ne fis pas que les négliger mais les maltraitai également. Cependant, je gardai assez d’attention envers Pluton pour m’empêcher de le maltraiter, alors que je n’avais aucun scrupule à maltraiter les lapins, le singe, ou même le chien, quand par accident, ou par affection, ils croisaient mon chemin. Mais ma maladie prit possession de moi (y’a-t-il pire maladie que l’alcoolisme!) et à la longue, même Pluton, qui devenait vieux alors, ce qui le rendait un peu grincheux, même Pluton se mit à souffrir des effets de mon mauvais caractère.
Une nuit, revenant chez moi, très soûl, de l’un de mes repaires en ville, j’imaginai que le chat évitait ma présence. Je l’attrapai, lorsque, effrayé poar ma violence, il m’infligea une légère blessure sur la main avec ses dents. La furie d’un démon s’empara aussitôt de moi. Je ne me contrôlai plus. Mon âme originelle sembla, tout d’un coup, s’envoler de mon corps; et une cruauté diabolique et imbibée de gin fit trembler chaque fibre de mon corps. Je sortis mon canif de la poche de mon gilet, le dépliai, me saisis de la pauvre bête par la gorge, et délibérément je lui arrachai un oeil de ses yeux de son orbite! Je rougis, je brûle, je frissonne, tandis que je relate cette condamnable atrocité.

Lorsque, au matin, je repris mes esprits - quand le sommeil eut chassé les vapeurs d’une nuit de débauche - je ressentis une sensation mêlée d’horreur, de remords pour le crime dont je m’étais rendu coupable; mais c’était, au mieux, un sentiument diffus et équivoque, et l’âme restait indemne. Je me replongeai dans l’excès, et noyai bientôt dans le vin tout souvenir de cet acte.

Pendant ce temps le chat guérissait lentement. L’orbite de son oeil perdu présentait, il est vrai, un aspect effrayant, mais il ne semblait plus en souffrir. Il revint à la maison comme d’habitude, mais, comme il fallait s’y attendre, il fuyait à ma vue avec une extrême terreur. Il restait assez de mon vieux coeur, pour me sentir d’abord affligé par l’évidente antipathie que me témoignait la créature qui m’avait autant aimé auparavant. Mais ce sentiment fit bientôt place à l’irritation. Puis vint, comme pour ma chute finale et irréversible, l’esprit de la PERVERSITE. De cet esprit la philosophie ne fait pas état. Pourtant je ne suis pas plus sûr du fait que mon âme vit, que du fait que la perversité est une des pulsions primitives du coeur humain, une des indivisibles facultés premières, ou sentiments premiers, qui orientent le caractère de l’Homme. Qui ne s’est pas trouvé, une centaine de fois, en train de commettre, une action vile ou stupide, pour nulle autre raison qu’il ne devrait pas pas la commettre? N’avons-nous pas une inclination perpétuelle, dans les fondements de notre propre jugement, à violer ce qui représente la Loi, justement parce que nous la reconnaissons être telle? Cet esprit de perversité, vous dis-je, causa ma chute finale. C’était cet insondable désir de l’âme à se contrarier elle-même, à faire violence à sa propre nature, à faire le mal pour l’amour du mal, qui me poussa à continuer et finalement a à achever la blessure que j’avais infligée à cette bête inoffensive. Un matin, de sang froid, je glissai une corde à son cou et de le pendre à la branche d’un arbre; je l’ai pendu parce que je savais qu’il m’avait aimé, et parce que je n’avais aucune raison de l’offenser; je l’ai pendu parce que je savais qu’en agissant ainsi, je commettais un péché, un péché mortel qui compromettrait mon âme immortelle à tel point que, si une telle chose était possible, qu’elle la mettrait hors d’atteinte de la pitié infinie du Dieu le plus miséricordieux et le plus terrible.

La nuit du jour où cet acte cruel fut commis, je fus sorti de mon sommeil par le cri du feu. Les rideaux de mon lit étaient en feu. La maison entière flambait. C’est avec grande difficulté que ma femme, un domestique, et moi-même, nous fûyames de la déflagration. La destruction était totale. Toutes mes richesses sur terre furent détruites, et je m’abandonnai tout entier au déésespoir.
Je ne m’abaisse pas à chercher une relation de cause à effet, entre le désastre et l’atrocité. Mais je détaille un enchaînement de faits et ne souhaite pas omettre un possible lien. Je visitai les ruines. Les murs, à l’exception d’un seul, s’étaient écroulés. Cette exception consistait en une cloison, pas très épaisse, qui se tenait environ au milieu de la maison, et contre laquelle était appuyée la tête de mon lit. A cet endroit, le plâtre avait en grande mesure résisté à l’action du feu, un fait que j’attribuai au fait qu’il avait été appliqué récemment. Autour de ce mur une foule dense s’tait rassemblée, et beaucoup de personnes semblaient en examiner une portion particulière avec la plus fine et grande attention. Les mots « étrange! », « singulier! » et autres expressions similaires, excitèrent ma curiosité. Je m’approchai et vis, comme ce cela avait été gravé en bas relief sur la surface blanche, la sihouette d’un chat gigantesque. L’impression était rendue avec une précision vraiment extraordinaire. Il y avait une corde autour de l’animal.

Quand je vis cette apparition , car je ne pouvais pas la considérer autrement, mon émerveillement et ma terreur étaient extrêmes. Mais une mûre réflexion me vint en aide. Le chat, me souvins-je, avait été pendu dans un jardin adjacent à la maison. A l’alarme du feu, ce jardin avait aussitôt rempli par la foule; l’une des personnes avait dû détacher le chat de l’arbre et le jeter dans ma chambre, à travers une fenêtre ouverte. Ceci avait du être fait dans le but de me sortir de mon sommeil. La chute des autres murs avaient comprimé la victime de ma cruauté dans le plâtre fraîchement étalé; avec les flammes, la chaux et l’amoniac de la carcasse avaient alors accompli le portrait que je voyais.

Bien que j’ai volontiers eu recours à ma raison, si ce n’est à ma conscience, pour rendre compte de ces faits surprenants, ils n’en ont pas moins laissé une forte impression sur mon imagination. Pendant des mois je ne pus me débarasser de l’image du chat; et, durant cette période, un demi-sentiment me revint à l’esprit qui semblait être, mais n’en était pas, du remords. J’en vins au point de regretter la perte de l’animal, et de chercher autour de moi, parmi les lieux vils que je fréquentais alors habituellement, un autre animal de la même espèce, et plus ou moins de la même apparence, pour le remplacer.

Une nuit, tandis que j’étais assis, à moitié hébété, dans un antre plus qu’infâme, mon attention fut soudain attiré par un objet noir, reposant au sommet d’une de ces immenses barriques de Gin, ou de Rhum, qui constituaient le principal mobiler du lieu. Je regardais fixement le sommet de cette barrique depuis quelques minutes, et je fus surpris par le fait que je n’avais pas plus tôt aperçu l’objet qui se trouvait dessus. Je m’en approchai, et le touchai avec la main. C’était un chat noir, un très grand chat, largement aussi grand que Pluton, et lui ressemblant beaucoup excepté une chose. Pluton n’avait pas un poil blanc sur aucune partie de son corps; alors que ce chat avait une tache de blanc imprécise qui recouvrait presque toute sa poitrine.

Quand je le touchai, il se leva aussitôt, ronronna bruyamment, se frottant contre ma main, et eut l’air ravi de mon attention. Là se trouvait la créature que je recherchais. Je demandai tout de suite au propriétaire de l’acheter; mais celui-ci n’en demandait rien, il ne savait rien de lui et ne l’avait jamais vu.

Je continuai à le caresser et, quand je m’apprêtai à rentrer chez moi, l’animal manifesta l’envie de m’accompagner. Je lui permis de le faire et me baissais pour le caresser tout en avancant. Quand il arriva chez moi, il se laissa domestiquer tout de suite, et devin aussitôt un des animaux favoris de ma femme.

Pour ma part, je sentis bientôt naître en moi une aversion à son égard. Il se produisait exactement le contraire de ce que j’avais prévu; mais je ne sais pas coment ni pourquoi cela se produisait: son amour évident pour moi ne faisait que me dégoûter et m’ennuyer. Peu à peu, ces sentiments de dégoûts et d’ennui se transformèrent en une haine amère. J’évitais la créature; une certaine honte, ainsi que le souvenir de mon précédent acte de cruauté m’empêchèrent de me prendre à lui physiquement. pendant des semaines, je ne le frappai pas, ou en aucune sorte je ne l’agressai violemment; mais petit à petit, insensiblement, je me mis à ressentit pour lui un indicible mépris, et silencieusement, à fuir comme la peste son odieuse présence.

Ce qui ajoutait sans doute à ma haine de la bête, ce fut la découverte, alors que je rentrai chez moi un matin, qu’il lui manquait un oeil comme Pluton. Mais ce détail le rendait encore plus cher aux yeux de ma femme qui, comme je l’ai déjà dit, possédait, au plus haut ddegré, cette humanité de sentiment qui fut jadis mon trait distinctif, et la source de mes plaisirs les plus simples et les plus purs.

Mais, contrairement à mon aversion pour ce chat, son penchant pour moi sembla grandir. Il suivit chacun de mes pas avec une opiniâtreté qu’il serait difficile de faire comprendre au lecteur. Quand je m’asseyais, il s’allongeait sous ma chaise, ou me couvrant de ses infâmes caresses. Si je me levais pour marcher il se mettait entre mes jambes, me faisant presque tomber, ou, plantant ses longues griffes acérés dans mon habit, ils grimpait sur ma poitrine. Lors de ces moments-là, bien que j’avais envie de le détruire d’un coup, je me retenais de le faire, en partie à cause du souvenir de mon crime précédent, mais surtout, il faut que je vous l’avoue, par peur absolue de la bête.

Cette peur n’était pas tout à fait une peur du diable; pourtant je serais bien en peine de la définir autrement. J’ai presuqe honte d’avouer (oui, dans ma cellule de prisonnier, j’ai presque honte d’avouer) que la terreur et l’horreur que l’animal m’inspirait, était amplifiée par une des chimères les plus simples qu’il fût possible de concevoir. Ma femme avait attiré mon attention, plus d’une fois, sur la marque de poils blancs dont j’ai parlée, et qui constituait la seule différence visible entre l’étrange bête et celle que j’avais détruite. Le lecteur se rappellera que cette marque, bien que large, était à l’origine très imprécise; mais, lentement, presuqe imperceptiblement, et que ma Raison rejeta longtemps comme pure imagination, celle-ci prit, à la longue, un contour de plus en plus net et précis. A présent elle représentait un objet que je n’ose nommer; ceci, surtout, que je haïssais, que je craignais, ce monstre dont je me serais débarassé si j’avais osé, c’était maintenant, vous dis-je, l’image hideuse, horrible de la POTENCE! Oh, terrible et lugubre machine de l’Horreur et du Crime, de l’Agonie et de la Mort!

Et alors j’étais vraiment misérable parmi les plus misérables de l’Humanité! Et une bête, dont j’avais détruit avec mépris le compagnon, une bête était pour moi, un homme façonné à l’image de Dieu, était la cause de tant de malheur intolérable! Hélas! ni le jour, ni la nuit, ne connus-je plus la bénédiction du Repos! Durant le jour, la créture ne me laissa plus de répit et durant la nuit, je me mis, chaque heure, à partir de rêves de frayeur indicible, à sentir le souffle chaud de la chose sur mon visage, et son poids énorme; un Cauchemar incarné dont je n’avais nul pouvoir de me libérer, pesant éternellement sur mon coeur!
Sous la pression de tels tourments, la faible part du bien en moi succomba. Des pensées infernales devinrent mes seules compagnes, les pensées les plus sombres et les plus diaboliques. Mon humeur habituellement changeante se transforma en haine de toutes choses et de l’humanité entière; tandis que, des soudains, fréquents et incontrôlables accès de furie auxquels je m’abandonnai aveuglément, ma femme, sans se plaindre, était la la plus fréquente et la plus patiente victime.

Un jour elle m’accompagna, pour une course domestique, dans la cave du vieux bâtiment que notre pauvreté nous obligeait à habiter. Le chat me suivit sur les marches raides et en me renversant presque, me rendit fou de colère. Soulevant une hache, et oubliant, dans ma colère, la peur puérile qui avait jusqu’ici retenu ma main, je portai un coup à l’animal qui, bien sûr, aurait été instantanément fatal s’il avait été porté comme prévu. Mais ce coup fut arrêté par la main de ma femme. Aiguillonné à cause de l’intrusion, dans une rage encore plus démoniaque, je retirai mon bras de sa prise et enfonçai la hâche dans son crâne. Elle tomba morte sur le sol, sur place, sans une plainte.

Ce meurtre hideux accompli, je me mis sur-le-champ, et avec une implication complète, à la tâche de cacher le corps. Je savais que je ne pouvais le sortir de la maison, de jour ou de nuit, sans prendre le risque d'être vu par les voisins. De nombreuses idées me passèrent par l'esprit. Un instant, je pensai à couper le cadavre en petits morceaux et à les détruire par le feu. L'instant d'après, je résolus de creuser une tombe dans le sol de la cave pour l'y enterrer. Puis, je pensai à le cacher dans le puits du jardin, à l'empaqueter dans une boîte, comme une marchandise, avec les dispositions habituelles, et de faire appel à un porteur pour le faire partir de la maison. Finalement je décidai d'un meilleur expédient que tout ceci. Je choisis de l'emmurer dans la cave, comme, raconte-t-on, les moines emmuraient leurs victimes.

Pour un tel objectif, la cave était bien adaptée. Ses murs étaient mal construits, et avaient été récemment plâtrés avec un plâtre de mauvaise qualité, que l'humidité de l'air avait empêché de durcir. De plus, il y avait une représentation dans un des murs, due à une fausse cheminée, ou un âtre, que l'on avait comblée et avait fait ressembler au reste de la cave. Je ne doutais pas de pouvoir la déplacer, d'y insérer le cadavre, et d'emmurer le tout comme avant, sans qu'un regard n'y puisse rien déceler de suspect.

En faisant ce calcul, je ne fus pas déçu. Au moyen d'un pied-de-biche, je délogeai facilement les briques et, ayant prudemment déposé le corps contre le mur intérieur, je le calai dans cette position, tandis que, sans grande peine, je remettai en place toute la structure telle qu'elle était au départ. Ayant ajouré du mortier, du sable, de la paille, avec toutes les précautions possibles, je préparai du plâtre de façon à ce que chaque poss ne puisse être distingué du précédent, et avec celui-ci je recouvrai soigneusement le nouveau mur de briques. Quand j'eus fini, je fus satisfait de ce bon travail. Le mur ne présentait pas la moindre trace d'avoir été disturbed. Les déchets par terre furent ramassés avec le plus grand soin. Je regardai autour de moi d'un air triomphant, et me dis à moi-même: "Ici au moins, mon travail n'a pas été en vain."

Ma prochaine tâche fut de rechercher la bête qui avait été la cause de tant d'infortune; car j'avais, finalement, fermement résolu de le mettre à mort. Si j'avais pu le rencontrer, à ce moment-là, son sort aurait été sans doute scellé; mais il apparaissait que cet animal rusé avait été alarmé par la violence de ma colère précédente, et redoutait d'affronter mon humeur actuelle. Il est impossible de décrire, ou d'imaginer, l'impression profonde d'extase qu'occasionnait dans mon poitrine l'absence de la créature détestée. Il n'apparut pas de la nuit, et ainsi, pour au moins une nuit, depuis son apparition dans la maison, je dormis sur mes deux oreilles et paisiblement; oui! je dormis avec le fardeau du meurtre sur la conscience!

Le second et le troisième jours passèrent, et mon toumenteur ne se montra pas. Je respirai à nouveau comme un homme libre. Le monstre, terrifié, avait quitté les lieux pour toujours! Je ne le verrais plus jamais! Mon bonheur était suprême! La culpabilité de mon acte monstrueux ne m'avait que peu perturbé. Quelques enquêtes avaient été menées, mais ces dernières avaient été aussitôt résolues. Une perquisition avait même été faite, mais bien sûr, rien n'avait été découvert. Je considérai ma future félicité comme une chose acquise.

Le quatrième jour après l'assassinat, un groupe de policiers se présenta, de façon très inattendue, dans la maison, et inspecta de nouveau les lieux avec une rigoureuse attention. Les officiers me demandèrent de les accompagner dans leur recherche. Ils ne laissèrent aucun coin ni recoin inexplorés. Finalement, ils descendirent à la cave pour la troisième ou quatrième fois. Je ne bougeai pas un muscle. Mon coeur battait calmement comme celui de quelqu'un sûr de son innocence. Je marchai dans la cave de long en large. Je croisai les bras sur ma poitrine et errai ça et là. La police était entièrement satisfaite et se préparait à partir. La joie dans mon coeur était trop forte pour être retenue. Je brûlai de dire ne serait-ce qu'un mot, comme pour triompher, et de les rassurer doublement sur mon innocence.

"Messieurs," dis-je enfin, tandis que le groupe montait les marches, "je suis heureux d'avoir apaisé vos doutes. Je vous souhaite à tous la santé, et une plus grande courtoisie. En guise d'au-revoir, messieurs, c'est une maison très bien construite." (Dans le désir rageur de dire quelque chose avec facilité, je savais à peine ce que je prononçais.) Ces murs, vous partez, messieurs? ces murs sont solidement bâtis"; et ici, dans la simple frénésie de la bravade, je frappai lourdement de la main sur la partie même du mur en briques derrière laquelle se tenait le cadavre de ma femme bien-aimée.

Mais puisse Dieu me protéger et me délivrer des griffes du Malin! A peine la réverbération des coups s'était-elle tue, qu'une voix me répondit de l'intérieur de la tombe! Par un cri, d'abord assourdi et brisé, comme les sanglots d'un enfant, et se changeant rapidement en un cri continu, totalement anormal et inhumain, un hurlement, un cri strident et gémissant, à moitié d'horreur et moitié de triomphe, comme il aurait pu sortir seulement de l'enfer, conjointement des gorges des damnés dans leur agonie et des démons qui exultent dans la damnation.

De mes pensées il est folie de penser. Me pâmant, je chancelai sur le mur opposé. Un instant le groupe resta immobile sur les marches, figé de terreur et d'effroi. Ensuite, une dizaine de bras robustes défoncaient le mur. Il tomba bodily. Le cadavre, déjà grandement décomposé et coagulé de sang, se tenait debout devant les yeux des spectateurs. Sur la tête, avec une grande bouche rouge et l'oeil solitaire du feu, était assise l'hideuse bête dont la ruse m'avait incité au meurtre, et dont la voix m'avait condamné. J'avais emmuré le monstre dans la tombe!


THE BLACK CAT

by Edgar Allan Poe

1843


FOR the most wild, yet most homely narrative which I am about to pen, I neither expect nor solicit belief. Mad indeed would I be to expect it, in a case where my very senses reject their own evidence. Yet, mad am I not --and very surely do I not dream. But to-morrow I die, and to-day I would unburthen my soul. My immediate purpose is to place before the world, plainly, succinctly, and without comment, a series of mere household events. In their consequences, these events have terrified --have tortured --have destroyed me. Yet I will not attempt to expound them. To me, they have presented little but Horror --to many they will seem less terrible than baroques. Hereafter, perhaps, some intellect may be found which will reduce my phantasm to the common-place --some intellect more calm, more logical, and far less excitable than my own, which will perceive, in the circumstances I detail with awe, nothing more than an ordinary succession of very natural causes and effects.

From my infancy I was noted for the docility and humanity of my disposition. My tenderness of heart was even so conspicuous as to make me the jest of my companions. I was especially fond of animals, and was indulged by my parents with a great variety of pets. With these I spent most of my time, and never was so happy as when feeding and caressing them. This peculiar of character grew with my growth, and in my manhood, I derived from it one of my principal sources of pleasure. To those who have cherished an affection for a faithful and sagacious dog, I need hardly be at the trouble of explaining the nature or the intensity of the gratification thus derivable. There is something in the unselfish and self-sacrificing love of a brute, which goes directly to the heart of him who has had frequent occasion to test the paltry friendship and gossamer fidelity of mere Man.

I married early, and was happy to find in my wife a disposition not uncongenial with my own. Observing my partiality for domestic pets, she lost no opportunity of procuring those of the most agreeable kind. We had birds, gold fish, a fine dog, rabbits, a small monkey, and a cat.

This latter was a remarkably large and beautiful animal, entirely black, and sagacious to an astonishing degree. In speaking of his intelligence, my wife, who at heart was not a little tinctured with superstition, made frequent allusion to the ancient popular notion, which regarded all black cats as witches in disguise. Not that she was ever serious upon this point --and I mention the matter at all for no better reason than that it happens, just now, to be remembered.

Pluto --this was the cat's name --was my favorite pet and playmate. I alone fed him, and he attended me wherever I went about the house. It was even with difficulty that I could prevent him from following me through the streets.

Our friendship lasted, in this manner, for several years, during which my general temperament and character --through the instrumentality of the Fiend Intemperance --had (I blush to confess it) experienced a radical alteration for the worse. I grew, day by day, more moody, more irritable, more regardless of the feelings of others. I suffered myself to use intemperate language to my At length, I even offered her personal violence. My pets, of course, were made to feel the change in my disposition. I not only neglected, but ill-used them. For Pluto, however, I still retained sufficient regard to restrain me from maltreating him, as I made no scruple of maltreating the rabbits, the monkey, or even the dog, when by accident, or through affection, they came in my way. But my disease grew upon me --for what disease is like Alcohol! --and at length even Pluto, who was now becoming old, and consequently somewhat peevish --even Pluto began to experience the effects of my ill temper.

One night, returning home, much intoxicated, from one of my haunts about town, I fancied that the cat avoided my presence. I seized him; when, in his fright at my violence, he inflicted a slight wound upon my hand with his teeth. The fury of a demon instantly possessed me. I knew myself no longer. My original soul seemed, at once, to take its flight from my body; and a more than fiendish malevolence, gin-nurtured, thrilled every fibre of my frame. I took from my waistcoat-pocket a pen-knife, opened it, grasped the poor beast by the throat, and deliberately cut one of its eyes from the socket! I blush, I burn, I shudder, while I pen the damnable atrocity.

When reason returned with the morning --when I had slept off the fumes of the night's debauch --I experienced a sentiment half of horror, half of remorse, for the crime of which I had been guilty; but it was, at best, a feeble and equivocal feeling, and the soul remained untouched. I again plunged into excess, and soon drowned in wine all memory of the deed.

In the meantime the cat slowly recovered. The socket of the lost eye presented, it is true, a frightful appearance, but he no longer appeared to suffer any pain. He went about the house as usual, but, as might be expected, fled in extreme terror at my approach. I had so much of my old heart left, as to be at first grieved by this evident dislike on the part of a creature which had once so loved me. But this feeling soon gave place to irritation. And then came, as if to my final and irrevocable overthrow, the spirit of PERVERSENESS. Of this spirit philosophy takes no account. Yet I am not more sure that my soul lives, than I am that perverseness is one of the primitive impulses of the human heart --one of the indivisible primary faculties, or sentiments, which give direction to the character of Man. Who has not, a hundred times, found himself committing a vile or a silly action, for no other reason than because he knows he should not? Have we not a perpetual inclination, in the teeth of our best judgment, to violate that which is Law, merely because we understand it to be such? This spirit of perverseness, I say, came to my final overthrow. It was this unfathomable longing of the soul to vex itself --to offer violence to its own nature --to do wrong for the wrong's sake only --that urged me to continue and finally to consummate the injury I had inflicted upon the unoffending brute. One morning, in cool blood, I slipped a noose about its neck and hung it to the limb of a tree; --hung it with the tears streaming from my eyes, and with the bitterest remorse at my heart; --hung it because I knew that it had loved me, and because I felt it had given me no reason of offence; --hung it because I knew that in so doing I was committing a sin --a deadly sin that would so jeopardize my immortal soul as to place it --if such a thing were possible --even beyond the reach of the infinite mercy of the Most Merciful and Most Terrible God.

On the night of the day on which this cruel deed was done, I was aroused from sleep by the cry of fire. The curtains of my bed were in flames. The whole house was blazing. It was with great difficulty that my wife, a servant, and myself, made our escape from the conflagration. The destruction was complete. My entire worldly wealth was swallowed up, and I resigned myself thenceforward to despair.

I am above the weakness of seeking to establish a sequence of cause and effect, between the disaster and the atrocity. But I am detailing a chain of facts --and wish not to leave even a possible link imperfect. On the day succeeding the fire, I visited the ruins. The walls, with one exception, had fAllan in. This exception was found in a compartment wall, not very thick, which stood about the middle of the house, and against which had rested the head of my bed. The plastering had here, in great measure, resisted the action of the fire --a fact which I attributed to its having been recently spread. About this wall a dense crowd were collected, and many persons seemed to be examining a particular portion of it with every minute and eager attention. The words "strange!" "singular!" and other similar expressions, excited my curiosity. I approached and saw, as if graven in bas relief upon the white surface, the figure of a gigantic cat. The impression was given with an accuracy truly marvellous. There was a rope about the animal's neck.

When I first beheld this apparition --for I could scarcely regard it as less --my wonder and my terror were extreme. But at length reflection came to my aid. The cat, I remembered, had been hung in a garden adjacent to the house. Upon the alarm of fire, this garden had been immediately filled by the crowd --by some one of whom the animal must have been cut from the tree and thrown, through an open window, into my chamber. This had probably been done with the view of arousing me from sleep. The falling of other walls had compressed the victim of my cruelty into the substance of the freshly-spread plaster; the lime of which, had then with the flames, and the ammonia from the carcass, accomplished the portraiture as I saw it.

Although I thus readily accounted to my reason, if not altogether to my conscience, for the startling fact 'just detailed, it did not the less fall to make a deep impression upon my fancy. For months I could not rid myself of the phantasm of the cat; and, during this period, there came back into my spirit a half-sentiment that seemed, but was not, remorse. I went so far as to regret the loss of the animal, and to look about me, among the vile haunts which I now habitually frequented, for another pet of the same species, and of somewhat similar appearance, with which to supply its place.

One night as I sat, half stupefied, in a den of more than infamy, my attention was suddenly drawn to some black object, reposing upon the head of one of the immense hogsheads of Gin, or of Rum, which constituted the chief furniture of the apartment. I had been looking steadily at the top of this hogshead for some minutes, and what now caused me surprise was the fact that I had not sooner perceived the object thereupon. I approached it, and touched it with my hand. It was a black cat --a very large one --fully as large as Pluto, and closely resembling him in every respect but one. Pluto had not a white hair upon any portion of his body; but this cat had a large, although indefinite splotch of white, covering nearly the whole region of the breast.

Upon my touching him, he immediately arose, purred loudly, rubbed against my hand, and appeared delighted with my notice. This, then, was the very creature of which I was in search. I at once offered to purchase it of the landlord; but this person made no claim to it --knew nothing of it --had never seen it before.

I continued my caresses, and, when I prepared to go home, the animal evinced a disposition to accompany me. I permitted it to do so; occasionally stooping and patting it as I proceeded. When it reached the house it domesticated itself at once, and became immediately a great favorite with my wife.

For my own part, I soon found a dislike to it arising within me. This was just the reverse of what I had anticipated; but I know not how or why it was --its evident fondness for myself rather disgusted and annoyed. By slow degrees, these feelings of disgust and annoyance rose into the bitterness of hatred. I avoided the creature; a certain sense of shame, and the remembrance of my former deed of cruelty, preventing me from physically abusing it. I did not, for some weeks, strike, or otherwise violently ill use it; but gradually --very gradually --I came to look upon it with unutterable loathing, and to flee silently from its odious presence, as from the breath of a pestilence.

What added, no doubt, to my hatred of the beast, was the discovery, on the morning after I brought it home, that, like Pluto, it also had been deprived of one of its eyes. This circumstance, however, only endeared it to my wife, who, as I have already said, possessed, in a high degree, that humanity of feeling which had once been my distinguishing trait, and the source of many of my simplest and purest pleasures.

With my aversion to this cat, however, its partiality for myself seemed to increase. It followed my footsteps with a pertinacity which it would be difficult to make the reader comprehend. Whenever I sat, it would crouch beneath my chair, or spring upon my knees, covering me with its loathsome caresses. If I arose to walk it would get between my feet and thus nearly throw me down, or, fastening its long and sharp claws in my dress, clamber, in this manner, to my breast. At such times, although I longed to destroy it with a blow, I was yet withheld from so doing, partly it at by a memory of my former crime, but chiefly --let me confess it at once --by absolute dread of the beast.

This dread was not exactly a dread of physical evil-and yet I should be at a loss how otherwise to define it. I am almost ashamed to own --yes, even in this felon's cell, I am almost ashamed to own --that the terror and horror with which the animal inspired me, had been heightened by one of the merest chimaeras it would be possible to conceive. My wife had called my attention, more than once, to the character of the mark of white hair, of which I have spoken, and which constituted the sole visible difference between the strange beast and the one I had y si destroyed. The reader will remember that this mark, although large, had been originally very indefinite; but, by slow degrees --degrees nearly imperceptible, and which for a long time my Reason struggled to reject as fanciful --it had, at length, assumed a rigorous distinctness of outline. It was now the representation of an object that I shudder to name --and for this, above all, I loathed, and dreaded, and would have rid myself of the monster had I dared --it was now, I say, the image of a hideous --of a ghastly thing --of the GALLOWS! --oh, mournful and terrible engine of Horror and of Crime --of Agony and of Death!

And now was I indeed wretched beyond the wretchedness of mere Humanity. And a brute beast --whose fellow I had contemptuously destroyed --a brute beast to work out for me --for me a man, fashioned in the image of the High God --so much of insufferable wo! Alas! neither by day nor by night knew I the blessing of Rest any more! During the former the creature left me no moment alone; and, in the latter, I started, hourly, from dreams of unutterable fear, to find the hot breath of the thing upon my face, and its vast weight --an incarnate Night-Mare that I had no power to shake off --incumbent eternally upon my heart!

Beneath the pressure of torments such as these, the feeble remnant of the good within me succumbed. Evil thoughts became my sole intimates --the darkest and most evil of thoughts. The moodiness of my usual temper increased to hatred of all things and of all mankind; while, from the sudden, frequent, and ungovernable outbursts of a fury to which I now blindly abandoned myself, my uncomplaining wife, alas! was the most usual and the most patient of sufferers.

One day she accompanied me, upon some household errand, into the cellar of the old building which our poverty compelled us to inhabit. The cat followed me down the steep stairs, and, nearly throwing me headlong, exasperated me to madness. Uplifting an axe, and forgetting, in my wrath, the childish dread which had hitherto stayed my hand, I aimed a blow at the animal which, of course, would have proved instantly fatal had it descended as I wished. But this blow was arrested by the hand of my wife. Goaded, by the interference, into a rage more than demoniacal, I withdrew my arm from her grasp and buried the axe in her brain. She fell dead upon the spot, without a groan.

This hideous murder accomplished, I set myself forthwith, and with entire deliberation, to the task of concealing the body. I knew that I could not remove it from the house, either by day or by night, without the risk of being observed by the neighbors. Many projects entered my mind. At one period I thought of cutting the corpse into minute fragments, and destroying them by fire. At another, I resolved to dig a grave for it in the floor of the cellar. Again, I deliberated about casting it in the well in the yard --about packing it in a box, as if merchandize, with the usual arrangements, and so getting a porter to take it from the house. Finally I hit upon what I considered a far better expedient than either of these. I determined to wall it up in the cellar --as the monks of the middle ages are recorded to have walled up their victims.

For a purpose such as this the cellar was well adapted. Its walls were loosely constructed, and had lately been plastered throughout with a rough plaster, which the dampness of the atmosphere had prevented from hardening. Moreover, in one of the walls was a projection, caused by a false chimney, or fireplace, that had been filled up, and made to resemble the rest of the cellar. I made no doubt that I could readily displace the at this point, insert the corpse, and wall the whole up as before, so that no eye could detect anything suspicious.

And in this calculation I was not deceived. By means of a crow-bar I easily dislodged the bricks, and, having carefully deposited the body against the inner wall, I propped it in that position, while, with little trouble, I re-laid the whole structure as it originally stood. Having procured mortar, sand, and hair, with every possible precaution, I prepared a plaster could not every poss be distinguished from the old, and with this I very carefully went over the new brick-work. When I had finished, I felt satisfied that all was right. The wall did not present the slightest appearance of having been disturbed. The rubbish on the floor was picked up with the minutest care. I looked around triumphantly, and said to myself --"Here at least, then, my labor has not been in vain."

My next step was to look for the beast which had been the cause of so much wretchedness; for I had, at length, firmly resolved to put it to death. Had I been able to meet with it, at the moment, there could have been no doubt of its fate; but it appeared that the crafty animal had been alarmed at the violence of my previous anger, and forebore to present itself in my present mood. It is impossible to describe, or to imagine, the deep, the blissful sense of relief which the absence of the detested creature occasioned in my bosom. It did not make its appearance during the night --and thus for one night at least, since its introduction into the house, I soundly and tranquilly slept; aye, slept even with the burden of murder upon my soul!

The second and the third day passed, and still my tormentor came not. Once again I breathed as a free-man. The monster, in terror, had fled the premises forever! I should behold it no more! My happiness was supreme! The guilt of my dark deed disturbed me but little. Some few inquiries had been made, but these had been readily answered. Even a search had been instituted --but of course nothing was to be discovered. I looked upon my future felicity as secured.

Upon the fourth day of the assassination, a party of the police came, very unexpectedly, into the house, and proceeded again to make rigorous investigation of the premises. Secure, however, in the inscrutability of my place of concealment, I felt no embarrassment whatever. The officers bade me accompany them in their search. They left no nook or corner unexplored. At length, for the third or fourth time, they descended into the cellar. I quivered not in a muscle. My heart beat calmly as that of one who slumbers in innocence. I walked the cellar from end to end. I folded my arms upon my bosom, and roamed easily to and fro. The police were thoroughly satisfied and prepared to depart. The glee at my heart was too strong to be restrained. I burned to say if but one word, by way of triumph, and to render doubly sure their assurance of my guiltlessness.

"Gentlemen," I said at last, as the party ascended the steps, "I delight to have allayed your suspicions. I wish you all health, and a little more courtesy. By the bye, gentlemen, this --this is a very well constructed house." (In the rabid desire to say something easily, I scarcely knew what I uttered at all.) --"I may say an excellently well constructed house. These walls --are you going, gentlemen? --these walls are solidly put together"; and here, through the mere phrenzy of bravado, I rapped heavily, with a cane which I held in my hand, upon that very portion of the brick-work behind which stood the corpse of the wife of my bosom.

But may God shield and deliver me from the fangs of the Arch-Fiend! No sooner had the reverberation of my blows sunk into silence than I was answered by a voice from within the tomb! --by a cry, at first muffled and broken, like the sobbing of a child, and then quickly swelling into one long, loud, and continuous scream, utterly anomalous and inhuman --a howl --a wailing shriek, half of horror and half of triumph, such as might have arisen only out of hell, conjointly from the throats of the damned in their agony and of the demons that exult in the damnation.

Of my own thoughts it is folly to speak. Swooning, I staggered to the opposite wall. For one instant the party upon the stairs remained motionless, through extremity of terror and of awe. In the next, a dozen stout arms were tolling at the wall. It fell bodily. The corpse, already greatly decayed and clotted with gore, stood erect before the eyes of the spectators. Upon its head, with red extended mouth and solitary eye of fire, sat the hideous beast whose craft had seduced me into murder, and whose informing voice had consigned me to the hangman. I had walled the monster up within the tomb!

THE END