"Vagabond ", by Robert Louis Stevenson From "Songs of Travel and Other Verses" (1896) | Le Vagabond

 

The Vagabond

To an air of Schubert


Le Vagabond

Sur un air de Schubert


 

Give to me the life I love,

Let the lave go by me,

Give the jolly heaven above

And the byway nigh me.

Bed in the bush with stars to see,

Bread I dip in the river -

There's the life for a man like me,

There's the life for ever.

 

Let the blow fall soon or late,

Let what will be o'er me;

Give the face of earth around

And the road before me.

Wealth I seek not, hope nor love,

Nor a friend to know me;

All I seek, the heaven above

And the road below me.

 

Or let autumn fall on me

Where a field I linger,

Silencing the bird on tree,

Biting the blue finger.

White as meal the frosty field -

Warm the fireside haven -

Not to autumn will I yield,

Not to winter even!

 

Let the blow fall soon or late,

Let what will be o'er me;

Give the face of earth around,

And the road before me.

Wealth I ask not, hope nor love,

Nor a friend to know me;

All I ask, the heaven above

And the road below me.

Donnez-moi la vie que j'aime,

Le long de ma route un ruisseau,

Donnez-moi le ciel joyeux et le chemin de traverse.

Dormir sous le buisson, regarder les étoiles,

Tremper son pain dans la rivière

Telle est la vie qui me convient

Toujours et à jamais.

 

Que s'abattent les coups qui me sont destinés,

Advienne ce qui devra ;

Mais donnez-moi la face de la terre

Et la route qui m'attend.

 

Richesse, espoir, amour n'importent

Ni un ami qui me connaisse ;

J'ai pour seul désir le ciel, là-haut,

Et la route qui s'en va.

 

Ou que l'automne me prenne

Par les champs où je m'attarde,

Faisant taire l'oiseau dans l'arbre,

Mordant mes doigts bleuis.

Le champ couvert de givre est blanc comme farine

L'âtre offre un tiède abri

Je ne veux céder à l'automne,

Ni même à l'hiver !

 

Que s'abattent les coups qui me sont destinés,

Advienne ce qui devra ;

Mais donnez-moi la face de la terre

Et la route qui m'attend.

Richesse, espoir, amour n'importent

Ni un ami qui me connaisse ;

J'ai pour seul désir le ciel, là-haut,

Et la route qui s'en va.