"Poverty of Mirrors" (1992) by Sherman Alexie

 

Poverty of Mirrors Pauvreté des miroirs
Sherman Alexie Translated by Stéphane Chabrières

 

You wake these mornings alone and nothing
can be forgiven; you drink the last
swallow of warm beer from the can
beside the bed, tell the stranger sleeping
on the floor to go home. It's too easy

to be no one with nothing to do, only
slightly worried about the light bill
more concerned with how dark day gets.

You walk alone on moist pavement wondering
what color rain is in the country.
Does the world out there revolve around rooms
without doors or windows? Centering the mirror
you found in the trash, walls seem closer
and you can never find the right way

out, so you open the fridge again
for a beer, find only rancid milk and drink it
whole. This all tastes too familiar.

Copyright ©1992 Sherman Alexie


 

On se réveille seul ces matins-là et rien ne peut être pardonné;
on boit la dernière gorgée de bière chaude à la cannette posée près du lit,
on dit à l'inconnu dormant par terre de rentrer chez lui. C'est trop facile

de n'être personne avec rien à faire, s'inquiétant à peine de la facture d'électricité
davantage soucieux du jour qui s'obscurcit.

On marche seul sur le trottoir humide à se demander
Quelle couleur a la pluie à la campagne.
Est-ce que le monde en dehors d'ici tourne autour de pièces
sans portes ni fenêtres? Centrant le miroir
qu'on a trouvé dans la poubelle, les murs semblent se rapprocher
et on ne trouve jamais la sortie
,

alors on ouvre à nouveau le frigo
pour une bière, on ne trouve que du lait rance
et on le boit en entier. Tout ceci semble trop familier.